Méditation sur la Salutation

Découvrez la méditation dite par Emmanuel Uhrig, prédicateur mandaté, à l'occasion du CP de l'Eglise Protestante Unie d'Epinal-Thaon le 25 mai 2026.

Se saluer ?

Lorsque nous saluons quelqu’un, faisons-nous autre chose que lui souhaiter le salut, c’est-à-dire simplement aimer l’idée que Dieu lui offre par grâce, à la fin des temps, une place en son Royaume ? Saluer, est-ce plus que souhaiter ? C’est manifester –par un geste de la main, ou une parole légère. Certes peu, mais symbolique, c’est à la fois visible, et pourtant tendu vers une signification sans cela invisible. Par une brève prière à Dieu, dont la déclaration est adressée à l’autre homme, nous rendons visible notre intime position face à Dieu, ou nous rendons visible une intercession, et en cela, c’est déjà un peu une action.

Quelle action ? Dans notre esprit, nous ne faisons pas grâce, mais Dieu seul ; et pourtant la grâce en question est déjà un peu réelle en ce commencement de transformation du monde que nous réalisons. Nous concernant, depuis ce monde loin de Dieu, nous vibrons vers lui et partageons cette vibration avec autrui : nous manifestons que le monde n’est pas indifférent au devenir de cet humain que nous saluons. Notre singulière individualité s’incarne dans le commun comme désir du bien pour autrui. Cette singulière individualité dès lors, sort de son secret, ne se réserve plus, se livre, se donne au monde.

Saluer c’est faire monde, naître au monde avec autrui, vers Dieu. Dès lors, il faut reconnaître que quelque chose du Royaume est déjà ainsi rendu présent ; un commencement de croissance s’engage, un processus. La salutation offerte concerne autant la fin des temps que le présent immédiat. En effet, en me déclarant favorable au salut d’autrui quand Dieu reprendra totalement la main, j’offre dès maintenant un petit bout de monde sans obstacle, un micro repos, une petite paix où Dieu et autrui sont les bienvenus. Ce temps calme, ce lieu paisible existe par le symbole d’un geste, le symbole d’une parole.

Par la forme symbolique de cette dimension paisible, la matière réelle de l’union entre deux humains en perspective vers Dieu, cette matière-là commence de respirer. Là est la vraie vie ; certes non encore accomplie, mais déjà promise, offrant le bonheur d’une promesse espérée. Libérés de l’angoisse de la conflictualité, deux humains s’accordent à espérer ensemble un Royaume où Dieu sera là, et non pas loin. La bénédiction que j’offre par un simple geste est un engagement humble au service de la patience de cultiver l’espérance commune ; reste à agir, reste à œuvrer, résolution qui dira notre foi au Salut…

Emmanuel Uhrig ; un temps d’aumônerie en conseil Presbytéral, le 25/05/26.

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