PAUSE PRIÈRE DU LUNDI
Toi, lorsque tu veux prier, entre dans ta chambre, ferme la porte
et prie ton Père qui est là, dans cet endroit secret ;
et ton Père, qui voit ce que tu fais en secret, te récompensera.
Quand vous priez, ne répétez pas sans fin les mêmes choses comme les païens :
ils s’imaginent que Dieu les exaucera s’ils parlent beaucoup.
Ne les imitez pas, car Dieu, votre Père,
sait déjà de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez.
La prière recommandée par Jésus est libre et intime. Elle peut citer l’Écriture et notamment les psaumes, ce que le Seigneur fit jusque sur la croix ; elle peut reprendre les mots de celui qui prie, qui peut sans crainte tout dire à Dieu dans sa sincérité ; elle peut être muette, ou se réduire à un mot, le nom de Jésus, un amen, un alléluia… L’aveugle Bartimée ne lança guère plus qu’un cri : Seigneur, fils de David, aie pitié de moi ! mais ce cri reste un très beau modèle de prière. Dieu n’attend pas des déclamations ou des poèmes, mais il peut les agréer aussi si c’est un épanchement vrai de son fidèle.
Paul reprend cette instruction, nous incite à prier sans cesse, ce que certains frères slaves prendront au pied de la lettre, inventant la respiration priante. Il ajoute cette révélation (Romains, 8.26-27, trad. libre).
En effet, nous ne savons pas prier comme il faut ;
mais l’Esprit lui-même prie Dieu en notre faveur en gémissements inexprimables.
Et Dieu qui voit dans les cœurs comprend ce que l’Esprit saint veut demander,
car l’Esprit prie en faveur des croyants, comme Dieu le désire.
Les réformateurs et les théologiens prient et recommandent la prière, de Luther à Jacques Ellul. Luther dit qu’il faut prier comme si travailler, militer et se battre étaient inutiles et travailler, militer et se battre comme si prier était inutile. Dans L’Impossible Prière, Jacques Ellul ajoute pour notre temps : « Précisé-ment parce que notre société technicienne est tout entière vouée à l’action, celui qui se retire dans sa chambre pour prier est vraiment radical. » Commentant les fameuses Mains de Dürer et un poème de Péguy sur Joinville en prière, il déclare : « mes mains sont jointes et ne travaillent plus ni ne combattent. »
Cela ne semble-t-il pas dissuader de prier en groupe ? Nous ne le pensons pas car notre société a beaucoup changé depuis le temps de Luther et plus encore de Jésus, en partie sous l’influence du christianisme, d’ailleurs. Loin d’être encouragés à faire preuve d’une piété spectaculaire, les fidèles sont invités au contraire à se cacher et à se faire le plus discrets possible. Or le chrétien ne doit pas mettre la lumière sous le boisseau. De façon pacifique et respectueuse des lois, il doit résister à cet étouffement de la prière, de la communication confiante et affectueuse avec Dieu. La prière n’est plus habituelle à beaucoup, même dans l’Église. Par crainte de mal prier, certains ne prient plus, se contentant de « Notre Père » lors de rares cérémonies. Il n’y a pourtant pas de mauvaise prière quand elle vient du cœur ; l’Esprit n’a besoin de rien, pas même de mot, il supplée à tout, il corrige tout, il purifie tout, au besoin.
Il arrivait à Jésus de prier de façon publique ou avec ses disciples. Son instruction n’était pas une condamnation de ces pratiques, mais un accent mis sur l’authenticité et la sincérité. La Bible nous recommande de prier les uns pour les autres. C’est pourquoi ce groupe s’attache à la pratique ouverte, partagée et libre des différentes sortes de prières, pour demander, remercier, louer, méditer en silence la grandeur du Seigneur… comme elles viennent à chacun selon son tempérament et ses dons. Notre petit groupe se réunit chaque lundi à 18h15 à la Fraternité à côté du temple, au 28, rue de la Préfecture à Épinal, mais il se met en relation par téléphone portable avec qui le souhaite ou ne peut faire autrement. Nous comptons un membre fervent à l’étranger, nous nous voulons sans frontière !
Pour offrir un cadre à cette brève réunion, la trame suivante est adoptée, la personne préparant la séance étant libre de l’aménager et en particulier d’ajouter des lectures spirituelles qu’elle juge adéquates.
* Par exemple, chez Luc, avec le verbe grec courant, on trouve 3.21, 5.16, 6.12, 9.18, 9.28, 11.1, 22.41 dans sept circonstances distinctes.
Albrecht Dürer - Étude pour les mains d’un apôtre.
Déroulé d'une séance
Lecture du psaume … (**)
Brève lecture biblique supplémentaire, non commentée …
Psaume ou cantique tiré du recueil Alléluia …
Temps de prières spontanées
Au soir de ce jour, au début de cette semaine dans notre paroisse au cœur de notre monde permets-nous Seigneur de faire monter nos prières vers toi.
Prières partagées dans la région Est-Montbéliard de l’Église protestante unie de France …
Oraison dominicale (Notre Père)
Rassemblons toutes nos prières, celles que nous avons dites et celles que nous avons gardées dans notre cœur dans la prière que Jésus nous a enseignée.
Exhortation (souvent tirée d’une Épître) …
Poursuivons notre semaine avec …
Bénédiction (souvent tirée de la Bible ou d’un cantique) …
Avant de nous quitter, recevons la bénédiction de la part de Dieu.
** Les références pourraient être annoncées à l’avance à la place des points de suspension.
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La réunion ne dure guère qu’une demi-heure, quitte à abréger psaume et lecture biblique, mais il arrive que nous chantions deux fois le cantique, selon l’inspiration du jour. « Qui chante prie deux fois », disait Augustin, repris par Luther.
Merci au pasteur Christophe Verrey pour sa contribution à cette petite présentation du groupe.